Une grande partie des voitures d’occasion vendues sur le continent africain arrivent d’Europe, d’Amérique du Nord ou d’Asie. Beaucoup sont de bonnes affaires. Certaines cachent un accident grave, un compteur trafiqué ou un passé de véhicule volé. Le meilleur moyen de faire le tri tient en dix-sept caractères : le numéro VIN, l’identifiant unique de chaque véhicule.

Qu’est-ce que le numéro VIN ?
Le VIN, pour Vehicle Identification Number, est le numéro d’identification du véhicule défini par la norme internationale ISO 3779. Il compte dix-sept caractères, chiffres et lettres, sans les lettres I, O et Q, que l’on pourrait confondre avec des chiffres. Chaque voiture a le sien, attribué par le constructeur à la fabrication, et il la suit toute sa vie.
Les trois premiers caractères identifient le constructeur et la région de fabrication. Les six suivants décrivent le modèle, la carrosserie ou la motorisation selon les marques. Le dixième caractère indique en général l’année modèle, et les derniers correspondent au numéro de série du véhicule. Un outil comme le décodeur d’Info Véhicule permet de lire ces informations en quelques secondes, et le guide Info Véhicule explique le rôle de chaque partie du numéro.
Où trouver le VIN sur la voiture ?
Le numéro figure à plusieurs endroits, et c’est justement ce qui permet de détecter les fraudes. On le trouve le plus souvent :
- en bas du pare-brise, côté conducteur, visible depuis l’extérieur ;
- sur une plaque ou une étiquette dans l’encadrement de la portière conducteur ;
- frappé à froid sur le châssis, souvent sous le capot ou sous le siège avant ;
- sur les documents du véhicule, comme le certificat d’immatriculation étranger ou les papiers de dédouanement.
Tous ces numéros doivent être strictement identiques. Une plaque rivetée de travers, des caractères frappés irréguliers, une zone de châssis repeinte ou meulée autour du numéro sont autant de signaux d’alerte.
Que peut-on apprendre grâce au VIN ?
Selon le pays d’origine, le VIN ouvre l’accès à l’historique du véhicule. Pour une voiture venue des États-Unis ou du Canada, des services payants de rapport d’historique indiquent souvent les accidents déclarés, les passages en épave après une inondation, les kilométrages relevés lors des contrôles et les changements de propriétaire. Pour une voiture immatriculée en France, le vendeur d’origine peut partager le rapport officiel Histovec, gratuit, qui retrace les sinistres graves, les propriétaires et les contrôles techniques.
Le VIN permet aussi de vérifier que la voiture correspond à ce qui est annoncé : année, motorisation, finition. Une voiture vendue comme modèle récent dont le dixième caractère indique une année plus ancienne mérite une explication.
Quels pièges éviter ?
Le compteur kilométrique reste la fraude la plus courante sur les véhicules importés. Comparez le kilométrage affiché avec ceux de l’historique, et méfiez-vous d’un intérieur très usé, volant lustré ou pédales lisses, sur une voiture annoncée avec peu de kilomètres.
Les voitures déclarées épaves dans leur pays d’origine, après une inondation ou un accident lourd, sont parfois réparées à moindre coût puis exportées. Un rapport d’historique qui mentionne une perte totale doit faire renoncer, ou au minimum faire baisser fortement le prix après inspection par un garage de confiance.
Enfin, vérifiez que le véhicule n’est pas signalé volé dans son pays d’origine. Un VIN modifié ou illisible doit faire renoncer à l’achat, quel que soit le prix proposé : la voiture pourrait être saisie, et l’argent perdu.
Comment s’organiser avant de payer ?
Demandez le VIN au vendeur avant de vous déplacer, et faites les vérifications d’historique en amont. Sur place, comparez tous les emplacements du numéro avec les papiers. Faites inspecter la voiture par un mécanicien indépendant, qui pourra lire les codes défaut du calculateur et repérer les traces de réparation. Exigez enfin des documents de dédouanement en règle, au nom du vendeur ou de la chaîne de propriétaires.
Prenez aussi en photo chaque emplacement du VIN et les documents qui l’accompagnent. Ces photos serviront si un doute apparaît plus tard, au moment de l’immatriculation ou d’une revente, et elles permettent de demander l’avis d’un connaisseur à distance avant de vous engager. Un vendeur honnête n’a aucune raison de s’opposer à ces vérifications ; un refus est en soi une réponse.
Ces vérifications prennent un peu de temps et parfois quelques dizaines d’euros pour un rapport d’historique. C’est peu, face au prix d’une voiture et aux ennuis qu’un véhicule douteux peut provoquer.
